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Quimper et Pierre Rétif ... une longue histoire !
17th October 2019

Des projets pleins la tête, le danseur Pierre Rétif a quitté le Ballet de l’Opéra de Paris en jeune retraité de 42 ans. Après avoir passé 30 ans dans la grande maison, il a pris la direction d’une école de danse à Quimper où il est en train de mettre en place un projet pédagogique global ambitieux pour transmettre tout ce qu’il a pu apprendre de ses expériences. 

Quimper et Pierre Rétif, c’est une longue histoire ! C’est là qu’il a grandi et qu’il a commencé la danse presque par hasard. « Ma mère avait inscrit ma petite sœur au cours de danse de l’école Regeffe et nous restions la regarder… À un moment, j’ai dit : si je suis là, autant que je danse aussi ! » raconte-t-il. Mais cela ne dure pas : l’année suivante, son père trouve un travail à Abidjan, en Côte d’Ivoire. La famille déménage. « C’est là-bas que j’ai eu le déclic. Une personne que j’appréciais beaucoup est décédée. Je me suis dit : la vie est trop courte. J’avais 11 ans. J’ai dit à mes parents : je veux être danseur. » Son père accepte mais lui met la barre haut : ce sera l’Opéra de Paris ou rien. Pierre rentre en France pour préparer le concours d’entrée.

À l’âge de 11 ans, il passe le concours d’entrée de l’école de l’Opéra de Paris où il a la chance d’être accepté. Sur 1 400 garçons à passer le concours, 3 intègrent le ballet. Il y passera 24 ans.
24 ans d’aventures passionnantes et de rencontres inoubliables : « En 1997, j’ai dansé Le Sacre du Printemps chorégraphié par Pina Bausch. C’était juste incroyable. Déjà la musique de Stravinsky est fabuleuse. Et puis, on danse quasiment nus, les pieds dans de la terre, pendant 43 minutes sur scène non-stop. C’est très physique. J’ai travaillé avec William Forsythe, Jirí Kylián ou encore Maurice Béjart. Béjart, c’est un très bon souvenir aussi car on a dansé au Palais des Sports de Bercy devant 15 000 personnes. On était sur une scène centrale avec les spectateurs autour en arc de cercle. C’était assez impressionnant. »Aujourd’hui, le jeune directeur d’école – l’Art des Cygnes/Studio -, souhaite avant tout mettre sur pied un projet pédagogique global et transversal et associer aux cours et aux projets de l’école des metteurs en scène, des écrivains, des brodeurs, des circassiens… En faire une plaque tournante des arts, toutes disciplines confondues.

Et puis, dépoussiérer l’enseignement de la danse classique et faire gagner du temps aux jeunes élèves grâce à ses expériences : « J’ai le diplôme d’État de professeur de danse classique, donc oui, le classique restera l’essence de l’école mais je souhaite aussi développer le contemporain, en collaborant, par exemple, avec un professeur spécialisé dans ce domaine. Je veux mettre en œuvre une véritable évolution sur la prise en compte du corps, qui passe d’abord par la préparation physique, comme tout sportif de haut niveau. »

C’est bien pour cela que lorsqu’il a pris en main son école, « il était hors de question de se passer d’un tapis Harlequin. D’abord, ça agrandit la pièce ! Ensuite, j’ai toujours dansé dessus puisque quand je suis arrivé à l’Opéra, Noureev les avait fait installer depuis peu de temps. Tout y est plus facile, surtout pour des amateurs qui sont moins souples que les pros ! Les pointes y sont plus simples, on ne glisse plus. Cela évite bien des bobos ! Nous les danseurs, nous ne sommes considérés comme sportifs de haut niveau par la sécurité sociale que depuis 2002. En 2003, j’ai été convoqué par le médecin-conseil de la sécurité sociale qui m’a demandé ce que je faisais comme métier… C’était comme ça à l’époque, être danseur ne pouvait pas être considéré comme un travail. »

Et un de ses souhaits les plus chers pour l’Art des Cygnes – Studio ? « Je veux essayer de supprimer ce sentiment d’échec chez l’élève qui conduit souvent à l’abandon. Je souhaite que la petite fille ou le petit garçon de douze ans – car j’espère que les petits garçons viendront plus nombreux qu’à mon époque – arrive à faire certains pas techniques de son âge, en les réussissant correctement, dans l’optique de les améliorer plus tard. Pour, peut-être atteindre enfin, au bout d’un long travail, le pas de danse parfait. »

Renseignements et inscriptions : artdescygnesstudio@gmail.com

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