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Rencontre avec Grégory Batardon
25th June 2019

Rebondir, Gregory Batardon sait faire ! Et c’est sans doute cela qui en fait un danseur et un photographe si singulier et si attachant. Au début de sa carrière, pourtant, rien ne le destinait à le faire devenir un danseur professionnel puis un photographe tout aussi professionnel ! 

« Si j’avais su !… J’ai commencé la danse tard, à 12 ans ! J’ai commencé par le modern jazz, simplement pour m’assouplir parce que je faisais aussi de la varappe. » Mais repéré par son professeur d’alors, il est orienté vers un cursus de danse classique professionnalisant. Il intègre l’école de danse de Genève et se présente ensuite en toute logique à l’audition du ballet du Grand Théâtre où il est aussitôt engagé. Il y restera 19 ans !

« Je suis malléable ! Il le fallait bien puisque j’ai connu plusieurs directeurs, chacun apportant son monde et son répertoire. Et puis, un des grands bonheurs, c’était de travailler directement avec des chorégraphes très différents : Mats Eck, Amanda Miller, William Forsythe ou Jiří Kylián… Mais je crois que je n’ai pas une âme de soliste. J’avais plutôt envie de faire partie d’une troupe et de savoir que je contribuais, moi aussi, à être le petit morceau d’une pièce… sans compter le plaisir à partager avec le public. »

Il fera plusieurs fois le tour du monde avec les nombreuses tournées du ballet. Il raconte avoir observé avec beaucoup d’intérêt les usages et les cultures locales, changeant chaque fois au gré des pays. Ainsi le public chinois qui n’applaudissait pas à l’issue d’un spectacle car les danseurs ne baissaient pas la tête pendant les saluts !

La question de la reconversion ne lui a jamais fait peur et Gregory envisageait même de sortir du milieu de la danse. Intéressé, et pour cause, par les concepts de gestes et de mouvements, il a même souhaité intégrer un cursus de sciences du mouvement à l’Université de Genève. Comment est-il alors devenu un des plus recherchés photographes de danse après 19 ans de bons et loyaux services au ballet du Grand Théâtre ?

« Cela s’est fait avec un hasard presque évident. J’ai fait mes études secondaires en arts visuels et tous les sujets que nous avions abordés m’avaient passionné. Et puis, mine de rien, le travail avec tous ces chorégraphes qui ont d’emblée une vision globale du spectacle et de la mise en scène m’avait appris la composition, le cadrage ».

Il photographie les prestations du Prix de Lausanne et son travail est tant apprécié qu’il en devient le photographe presque « officiel ». Connaissant le répertoire de l’intérieur, pouvant anticiper chaque geste et chaque figure, saisissant le bon geste au bon moment, il sait mieux que personne quand et comment positionner l’objectif : « J’aime suivre à travers la photo les mouvements des danseurs, me fondre dans leur énergie et capturer ainsi des instants furtifs où dynamisme, souplesse et émotion deviennent sublimes et magiques. »

Aujourd’hui photographe internationalement reconnu, Gregory a vraiment su rebondir, dans tous les sens du terme ! Lorsqu’il parle de ses années passées au ballet du Grand Théâtre de Genève, il se souvient du tapis de danse Harlequin qui « renvoie l’énergie qu’on lui donne, où on peut glisser mais contrôler ! C’est très important pour un danseur et il est des salles où le sol est plus accueillant que d’autres ! Et puis, un bon tapis, c’est celui qui donne envie de se rouler dessus ! »

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