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Paroles d’experts

Harlequin, c’est 50 ans d’innovation au service des danseurs | Entretien avec Nicolas Ferrand (directeur technique)

En vingt ans, le métier est passé du simple tapis de danse à des solutions techniques de pointe centrées sur la santé des danseurs. Harlequin s’est imposé comme un acteur clé en développant des planchers innovants à amorti uniforme, conçus avec des experts du mouvement pour limiter les risques de blessure.

11.05.2026

2026 HAR NicolasFerrand Cover
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Comment résumeriez-vous l’évolution du métier sur cette période ?

2026 HAR Planchers

Visualisation 3D des principaux planchers Harlequin, respectivement : Harlequin Flexity™, Harlequin Activity™, Harlequin Liberty™, Harlequin Liberty Switch™.

Le métier a considérablement évolué, à la fois sur le plan technique et sur le plan des attentes des clients. Quand j’ai rejoint Harlequin, on parlait encore essentiellement de tapis de danse, un produit que Harlequin a, rappelons-le, littéralement inventé il y a près de cinquante ans. C’est une fierté immense. Mais le marché ne s’est pas arrêté là. Depuis plus de vingt-cinq ans, nous avons développé toute une gamme de planchers amortissants dits de nouvelle génération, qui ont complètement transformé les standards de la profession.

Ces planchers répondent à des exigences biomécaniques de plus en plus précises, formulées par les compagnies, les chorégraphes, les médecins du sport. Le danseur est au centre de tout.

Justement, qu’est-ce qui distingue concrètement ces planchers de nouvelle génération des planchers traditionnels ?

La différence est fondamentale, et elle se ressent immédiatement sous le pied. Pendant longtemps, les salles de danse ont été équipées de planchers à double lambourdage, un système qui, certes, apportait une certaine souplesse, mais qui présentait un défaut majeur : à l’intersection des lambourdes, il se créait des points durs.

Le danseur, selon l’endroit où il posait le pied, ne bénéficiait pas du même amorti. C’est une inégalité qui, sur la durée, est très problématique pour les articulations. À l’opposé, les planchers Harlequin de nouvelle génération offrent un amorti uniforme et constant sur toute la surface, sans points durs, sans zones à risque.

Nous avons également travaillé sur ce qu’on appelle l’effet trampoline : un plancher trop souple peut provoquer des rebonds incontrôlés, particulièrement dangereux pour les genoux et les chevilles des danseurs. Nos produits ont été précisément conçus pour trouver le juste équilibre, amortir l’impact sans jamais restituer une énergie excessive. C’est tout un art.

2026 HAR Double lambourdage

Structure de plancher à double lambourdage, relevant d’une conception « d’ancienne génération ».

Certains de vos produits ont remporté des prix et des reconnaissances. L’innovation est-elle au coeur de l’ADN d’Harlequin ?

Absolument, et c’est une culture qui remonte aux origines de l’entreprise. Innover chez Harlequin, ce n’est pas un argument marketing, c’est une exigence quotidienne. Nous travaillons en lien permanent avec des professionnels de santé, des kinésithérapeutes, des médecins du sport, pour que chaque nouveau produit réponde à de vraies problématiques de terrain.

Les récompenses que nous avons reçues pour certaines de nos innovations valident ce travail de fond, et nous encouragent à aller encore plus loin.

Harlequin se distingue aussi par une équipe de poseurs intégrée à l’entreprise. Pourquoi ce choix ?

2026 HAR Gildas 1

Gildas Février – Poseur intégré à l’équipe d’Harlequin Floors Europe depuis plus de 10 ans.

C’est un choix fondamental, et je dirais même philosophique. Nos poseurs sont des employés Harlequin, pas des sous-traitants, pas des prestataires extérieurs. Cela signifie qu’ils sont formés par nous, qu’ils maîtrisent parfaitement nos produits, et qu’ils partagent nos exigences de qualité. C’est ce qui nous permet d’offrir une garantie de dix ans sur les poses.

Dix ans, c’est un engagement rare dans notre secteur, et il n’est possible que parce que nous contrôlons chaque étape, du conseil à l’installation finale. Quand une grande institution nous confie sa salle de répétition ou sa scène, elle sait qu’elle peut compter sur nous dans la durée.

Une majorité de vos tapis de danse sont fabriqués en France. Est-ce un atout commercial ou une conviction ?

Les deux, sans hésiter. La majorité de nos tapis de danse sont fabriqués en France, et c’est une conviction de longue date chez Harlequin : maintenir cette production locale, c’est garantir un niveau de qualité et de traçabilité que nous ne pourrions pas assurer autrement. C’est aussi une responsabilité vis-à-vis de nos clients, qui investissent dans des équipements destinés à durer.

Et dans le contexte actuel, où les questions de souveraineté industrielle et de circuits courts sont au coeur des préoccupations, cette origine française prend encore plus de sens.

Quels sont les noms et institutions qui incarnent le mieux la réputation d’Harlequin dans la danse ?

La liste est longue, et elle ne cesse de s’allonger. L’Opéra national de Paris, avec lequel nous travaillons depuis plus de quarante ans, est évidemment une référence absolue. Notre tapis Harlequin Studio a d’ailleurs été développé à la demande de Rudolf Nouréev lui-même, et il est toujours utilisé sur la scène de l’Opéra aujourd’hui. C’est une histoire belle et symbolique. Mais il y a aussi la Scala de Milan, le Royal Ballet et le Royal Opera House de Londres, le New York City Ballet, la Sydney Dance Company…

Nous sommes partenaires du Prix de Lausanne depuis de nombreuses années, et l’Académie Princesse Grace à Monaco fait également confiance à nos sols. Le monde entier danse sur des sols Harlequin, et c’est une formidable responsabilité

Harlequin est aussi très présent dans l’univers du spectacle vivant, show-business, concerts, télévision. Comment cela se traduit-il ?

Notre revêtement Hi-Shine, avec sa surface haute brillance et son effet miroir spectaculaire, est devenu une référence incontournable dans cet univers. Les plateaux de télévision français l’utilisent régulièrement pour les émissions de divertissement et les shows musicaux, pour les jeux de lumière incomparables qu’il génère. Des artistes parmi les plus grands au monde s’y sont produits, Lady Gaga et Beyoncé, pour ne citer qu’eux.

C’est un produit pensé pour le spectacle dans toute sa dimension visuelle, et il répond à des besoins très différents de ceux de la danse de formation, même si, techniquement, il peut aussi accueillir de la danse.

La scène de l’émission X Factor recouverte du tapis ultra-brillant Harlequin Hi-Shine™.

Et dans le monde de la mode ?

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Défilé Givenchy sur le tapis ultra-brillant Harlequin Hi-Shine™.

La mode est un secteur à part entière pour Harlequin, et le Hi-Shine s’y est imposé naturellement. Son rendu visuel, ce reflet parfait, cette luminosité qui démultiplie les effets de scène, en fait un choix évident pour les défilés. Givenchy, par exemple, l’a sélectionné pour habiller la scène de sa collection printemps-été.

C’est une reconnaissance importante, parce que dans l’univers de la haute couture, l’exigence esthétique est absolue. Le sol fait partie du décor, il participe à l’image de la collection. Que les plus grandes maisons françaises nous fassent confiance pour cela, c’est une fierté.

Harlequin affiche également une démarche RSE ambitieuse. Pouvez-vous nous en parler ?

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Politique d’écoresponsabilité d’Harlequin Floors.

C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Nos tapis et planchers de danse sont entièrement recyclables, c’est une exigence que nous nous sommes fixée et qui structure notre développement produit.

Nous avons aussi mis en place une vraie politique de seconde vie : les grandes compagnies, lorsqu’elles renouvellent leurs équipements, cèdent leurs anciens tapis à des structures plus petites, des écoles de danse, des associations, des compagnies émergentes. Certains produits connaissent ainsi une deuxième, voire une troisième vie. C’est concret, c’est utile, et c’est cohérent avec nos valeurs.

Nous avons également lancé un programme de replantage d’arbres, quatre mille arbres plantés à ce jour. Ce n’est pas de l’affichage : c’est la traduction d’un engagement sincère envers l’environnement.

Vous travaillez en contact étroit avec les directeurs techniques, les architectes, les scénographes. Comment se passe cette collaboration ?

C’est le coeur de mon métier, et c’est ce qui le rend si passionnant. Les directeurs techniques de grandes maisons, les architectes, les architectes scénographes sont des interlocuteurs exigeants, pointus, qui connaissent parfaitement leurs besoins. Nous travaillons avec eux en amont des projets, parfois dès la phase de conception d’un lieu. Cette proximité nous permet de co-construire des solutions, d’adapter nos produits à des contraintes très spécifiques, acoustiques, architecturales, esthétiques. Harlequin n’est pas un fournisseur qui livre un catalogue : nous sommes un partenaire technique, dans le vrai sens du terme.


Vingt ans chez Harlequin, Nicolas, qu’est-ce qui vous anime encore aujourd’hui ?

La même chose qu’au premier jour : la passion. La danse est un art exigeant, qui mérite des équipements à la hauteur. Chaque nouveau projet est un défi, chaque client a ses propres contraintes, sa propre vision. Ce qui me motive profondément, c’est de savoir que notre travail contribue directement à préserver la santé des danseurs, que ce soit un élève de huit ans dans une école de province ou un soliste de l’Opéra de Paris.

Vingt ans après, cette conviction n’a pas pris une ride. Et l’envie de développer avec nos clients des produits toujours plus innovants, qui protègent les corps autant qu’ils subliment les performances, reste intacte. C’est ce qui me lève chaque matin.