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José Carlos Martinez : "Nous sommes actuellement en développement permanent"

mardi 10 mai 2016
José Carlos Martinez :
© © FM
Après un premier mandat de cinq ans à la tête de la Compagnie Nationale de Danse d’Espagne, le danseur étoile et chorégraphe José Carlos Martinez, ancienne étoile de l’Opéra de Paris, a accepté de renouveler son contrat pour trois ans. En attendant la confirmation de ses missions après les élections législatives de juin, il fait le point sur son action, et sur la compagnie.

Bilan provisoire

« Ces cinq années ont été pour moi très formatrices. Elles ont constitué un apprentissage ‘sur le tas’ des différentes tâches d’un directeur de ballet. Mon projet était de redonner à la compagnie une identité de répertoire classique’, tout en conservant son aisance dans le registre contemporain. J’ai été agréablement surpris de la relative facilité avec laquelle s’est opéré ce changement d’identité. Une partie des anciens danseurs qui préféraient travailler avec un chorégraphe contemporain sont partis, certains, en raison de leur âge, se sont retirés et le changement s’est fait naturellement au fil des renouvellements. Les nouveaux danseurs recrutés - cinq la première année et une dizaine l’année suivante - ont rejoint la troupe parce qu’ils adhéraient pleinement à cette nouvelle orientation. Leur enthousiasme a entraîné les autres. »

Une compagnie mixte

« Au début, je voulais ne recruter que des danseurs possédant à la fois une très solide technique classique et un vrai bagage contemporain. Mais j’ai constaté que, lorsque nous invitions des chorégraphes à créer pour la compagnie, ils choisissaient comme interprètes ceux qui avaient un profil 100% contemporain et délaissaient les autres. Du coup, les ‘polyvalents’ se plaignaient de n’être jamais distribués dans ce type de pièces. J’ai compris qu’il fallait procéder autrement. Aujourd’hui, même si la troupe entière est mobilisée pour les grands ballets classiques, il y a en quelque sorte deux compagnies en une : un gros noyau spécifiquement classique et quelques danseurs intrinsèquement contemporains, dont deux filles qui n’ont jamais chaussé des pointes. Cet éventail nous offre énormément de possibilités de création. »

Programmes à venir…

 « Avec 90 représentations cette saison contre 70 en 2014-2015, et 36 seulement l’année de mon arrivée, nous sommes aujourd’hui en développement permanent. Nos deux dernières créations, le « Carmen » de Johan Inger et le « Don Quichotte » que j’ai chorégraphié, nous sont réclamés partout, en Espagne et au-delà. Dans l’avenir, nous devons continuer à travailler, afin de constituer un corps de ballet féminin suffisamment homogène pour être capable de danser « Le Lac des Cygnes », par exemple. Mais sans perdre pour autant nos qualités en contemporain. Pour la prochaine saison, nous aurons notamment une soirée Forsythe, avec la reprise d’ « Artifact » et l’entrée au répertoire de « Enemy in the Figure ». A terme, j’envisage une reprise des « Enfants du Paradis » (créé pour l’Opéra de Paris en 2 008) et j’ai aussi envie de réécrire un autre ballet classique, que j’adapterai sur mesure pour la compagnie. Je vais également continuer à inviter des chorégraphes tels que Jiri Kylian, Ohad Naharin ou Johan Inger.


La création en Espagne

Nacho Duato sera présent pour la saison 2018-19. Maintenant que les blessures de son départ se sont cicatrisées, il a ouvert la porte et je serai heureux de l’accueillir. Je suis aussi très attentif à la création en Espagne. Depuis la crise, les conditions sont particulièrement difficiles et le nombre de spectacles a diminué de 40%. J’ai déjà demandé des créations à des chorégraphes tels que Marcos Morau (directeur de la compagnie La Veronal) et Alejandro Cerrudo, et je le referai bientôt. Je donne aussi accès trois semaines par an à des compagnies indépendantes pour des résidences de création. Cela me permet en retour de connaître leur travail, ce qui débouche parfois sur des co-productions. 

Prochaine échéance

« J’ai posé deux conditions à mon renouvellement, qui ont été acceptées. Tout d’abord que de 45 danseurs, nous passions à 50, ce qui est indispensable pour accéder à un répertoire classique plus vaste. Les auditions sont prévues en juin. Et que, à la différence de la situation actuelle, nous puissions bénéficier chaque année de périodes fixes de représentations dans les deux principaux théâtres où nous nous produisons : le Teatro Real - ce sera en avril - mai, pour un ballet classique -, et la Zarzuela - ce sera en décembre pour un programme plus mixte. Compte tenu de l’incertitude électorale, mon renouvellement ne sera peut-être acté que le 1er septembre, mais maintenant, j’ai l’habitude : ici, tout se fait au dernier moment… mais finit toujours par se faire ! »





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